L’intelligence, un concept bien compliqué !

Qu’est-ce que l’intelligence exactement ? Comment se définit-elle ?

Qui est intelligent ? Comment mesure-t-on l’intelligence ?

Existe-t-il plusieurs types d’intelligence ?

L’intelligence est un concept qui a toujours suscité beaucoup d’intérêt et dont la définition n’est pas aisée. Mais chez Learning Brain, on n’a pas froid aux yeux ! Nous avons décidé de nous attaquer à ce concept et de le décortiquer rien que pour vous ! Cet article a pour seule prétention une vulgarisation sur le thème de l'intelligence et du QI pour les parents et enseignants qui y sont confrontés.

Dans un premier temps, nous nous attarderons sur sa définition classique et sur la manière de l’évaluer et de la quantifier (QI). Ensuite, nous aborderons le sujet des intelligences multiples et ce que cela implique pour chacun de nous.

Définition de l’intelligence

Depuis des siècles, elle est étudiée sous toutes ses coutures pour tenter d’en comprendre l’essence. Sa définition est d’autant plus difficile qu’elle est souvent associée à des jugements de valeur.

Dans le dictionnaire, nous pouvons lire que l’intelligence est un nom féminin (en tant que femme, une petite blague me traverse l’esprit mais je m’abstiendrai) qui désigne la faculté de connaître et de comprendre. Il s’agit de la qualité de l'esprit qui comprend et s'adapte facilement.

En gros, notre intelligence nous permettrait de résoudre des problèmes et de nous adapter à notre environnement.

Large comme définition, me direz-vous. Je suis d’accord… Mais ce n’est pas pour rien qu’elle est si difficile à appréhender.

« Et cette capacité à résoudre des problèmes et s’adapter à notre environnement, est-ce qu’elle est innée ? »

L’intelligence est en partie « génétique », c’est-à-dire qu’on nait avec un certain potentiel. Cependant, il serait très réducteur de l’envisager uniquement de cette manière. L’environnement joue également un rôle dans le développement de l’intelligence. En effet, à intelligence égale à la naissance, l’enfant qui grandit dans un environnement favorable (c’est-à-dire lui offrant suffisamment de stimulations (sociales, motrices, langagières, ...)) aura très probablement un QI plus élevé.

Le QI, qu’est-ce que c’est ? Comment le mesure-ton ?

Notons tout d’abord que chez Learning Brain, le bilan intellectuel n’est jamais réalisé par « curiosité », pour connaitre « un score » car non seulement, cela n’a aucun intérêt selon nous mais, en plus, il nous semble aberrant de réduire un individu à un chiffre. La réalisation d’un tel bilan n’a de sens que dans le cadre d’une démarche diagnostique : pour effectuer un diagnostic différentiel, pour identifier un possible Haut Potentiel, pour connaitre les forces et faiblesses d’un enfant souffrant de difficultés cognitives, … De plus, la réalisation seule d'un bilan intellectuel n'a pas de sens sans une anamnèse complète, un entretien structuré et des questionnaires, voire parfois des tests neuropsychologiques complémentaires.

Quand je demande à des enfants ce qu’est l’intelligence pour eux, ils font presque systématiquement le lien avec la réussite scolaire. Etonnant ? Pas tant que ça car c’est l’image qui est véhiculée dans notre société. Quelqu’un d’intelligent serait quelqu’un qui réussit à l’école. Nous verrons plus loin que ce n’est pas si facile que cela !

Quand nous parlons d’intelligence, le terme de « Quotient Intellectuel (QI) » vous vient certainement très vite à l’esprit. Bien qu’il renvoie à une vision, selon moi, assez réductrice de l’intelligence, le QI pourrait être un bon prédicteur de la réussite scolaire. Même si avoir un bon QI n’implique pas, d’office, que l’on cartonne à l’école. En effet, des tas d’autres facteurs participent à la réussite scolaire comme le fait d’avoir une bonne méthode de travail, d’être bien entouré, de se sentir bien dans son corps et dans sa tête, d’avoir correctement développé ses fonctions exécutives (inhibition, planification, flexibilité, mémoire de travail, …), … Mais il s’agit là d’un autre débat !

Avant d’aller plus loin, voici quelques indications concernant l’interprétation des scores :

Tout d’abord, le QI moyen est de 100 et les individus ayant des scores entre 90 et 110 se situent dans la moyenne. Environ 50% de la population se situe dans cet intervalle. L’autre moitié est dispersée sur la courbe avec des scores supérieurs à 110 ou inférieurs à 90.

Notez qu’une personne considérée comme « à Haut Potentiel » a un QI égal ou supérieur à 130.

Learning Brain a d’ailleurs l’intention d’aborder le sujet du Haut Potentiel dans un prochain article !

Qui peut faire passer un QI ?

Toute personne possédant un diplôme en psychologie et/ou neuropsychologie.

A quelles capacités le QI fait-il référence ?

Lors d’un bilan intellectuel, nous allons évaluer les compétences de l’individu dans différents domaines qui sont appelés «indices » ou « échelles » :

L’indice de compréhension verbale évalue les capacités d’abstraction et de raisonnement verbal ainsi que le vocabulaire et l’expression verbale.

L’indice visuo-spatial évalue les compétences visuo-spatiales, l’attention visuelle aux détails, la capacité à manipuler mentalement des images, …

L’indice de raisonnement fluide évalue les capacités de raisonnement abstrait/logique ainsi que le raisonnement quantitatif et les capacités d’induction.

L’indice de mémoire de travail évalue la capacité à maintenir en mémoire à court terme un certain nombre d’informations et la capacité à manipuler ces informations en mémoire.

L’indice de vitesse de traitement évalue la vitesse à laquelle nous réalisons une tâche (en tenant compte de l’identification visuelle, la prise de décision, les capacités visuo-motrices, …).

Comment calcule-t-on le QI ?

Pour calculer le Quotient Intellectuel Total (QIT) et les indices, nous allons d’abord nous intéresser aux scores que le patient obtient dans les différentes épreuves du bilan. Concrètement, il va obtenir un certain nombre de points à chaque épreuve. Chacun de ces scores va être comparé à ce qu’obtient la majorité des enfants du même âge.

Le quotient intellectuel total (notre fameux QI) est en fait la moyenne des scores obtenus à toutes les épreuves obligatoires du bilan. En effet, il existe des sous-tests complémentaires que le thérapeute peut décider d’administrer ou pas, en fonction de l’enfant.

Il est très fréquent qu’un individu n’obtienne pas le même type de résultats à chaque épreuve. Il peut en effet être très bon dans un domaine et avoir des résultats plutôt moyens dans un autre. Cette hétérogénéité est « normale ». Mais s’il existe trop d’écart entre les différents scores qu’il obtient, nous obtiendrons un QI qui ne sera pas représentatif.

Pour mieux comprendre, je vais vous donner un exemple concret que vous avez peut-être déjà vécu ! Votre enfant a obtenu deux 8/10 en mathématique mais échoue à la dernière interrogation et obtient 2/10. Dans son bulletin, il a donc une moyenne de 6/10 en mathématique.

« Injustice !!! »

Dans ce contexte, vous vous diriez qu’il a assez bien acquis les compétences évaluées dans les deux premiers contrôles mais qu’il doit encore travailler en ce qui concerne celles évaluées lors du dernier. En fait, peut-être même qu’il a acquis cette troisième compétence mais qu’il était fatigué, nerveux, inattentif, … lors de la dernière évaluation. Le score de 6/10 n’est donc pas représentatif de ses capacités générales en mathématique !

Eh bien, dans un bilan intellectuel, c’est pareil ! Notez également que des tas de facteurs peuvent influencer négativement les résultats qu’un enfant va obtenir (la relation avec le thérapeute, le stress, la fatigue, le manque de maturité ou de confiance en soi, les difficultés attentionnelles, l’impulsivité, …). Le professionnel doit bien entendu tenir compte de tous ces aspects quand il interprète les résultats.

Le QI peut-il évoluer avec le temps ?

Tout d’abord, l’intervalle de temps entre deux évaluations du QI est de minimum un an.

Il se pourrait que nous observions une différence entre le score obtenu au premier et au second bilan.

« Comment c’est possible ? »

Tout d’abord, nous avons vu plus haut que l’intelligence n’était pas uniquement « innée ». L’environnement joue un rôle dans son développement. De ce fait, si un enfant est suffisamment stimulé dans son quotidien, il se pourrait qu’il obtienne plus de points. De plus, nous avons également parlé de tous les facteurs qui pouvaient influencer les résultats d’un tel bilan. Si l’enfant se trouve dans de meilleures conditions (moins de stress ou de fatigue, plus d’attention, plus de confiance en lui …) lors du re-test, il est raisonnable de penser qu’il obtiendra de meilleurs résultats.

Notez tout de même que cette évolution se monte rarement à plus de quelques points s’il n’y a pas eu trop de biais la première fois.

Les Intelligences Multiples

Malgré les controverses qui ont entouré la théorie de Gardner et les éléments scientifiques montrant son invalidité au profit actuellement du modèle de Cattell-Horn-Carroll (CHC), l'application de la théorie de Gardner peut trouver une utilité pratique sur le terrain, notamment dans le développement de l’estime de soi, de la connaissance de soi et, même, en méthode de travail et métacognition (apprendre à apprendre). C'est pour cette raison que nous avons tout de même trouvé intéressant d'en parler dans cet article. Howard Gardner, psychologue américain, a développé la théorie des intelligences multiples. Cette dernière s’est construite à l’encontre de l’idée d’un QI qui représenterait et mesurerait une intelligence « unique et innée ».

Howard Gardner a mis en évidence 8 types d’intelligence que nous posséderions tous en nous mais qui se développeraient différemment chez chacun, en fonction de nos préférences personnelles et de notre environnement (familial, social, scolaire, …).

Quelles sont les différentes intelligences ?

L’intelligence kinesthésique :

représente la capacité à utiliser son corps de manière adéquate et précise. Celui qui aurait une intelligence kinesthésique développée pourrait avoir une facilité pour les travaux manuels, être habile dans différents sports, aimer bouger, toucher les choses, …

L’intelligence musicale :

représente toutes les capacités en lien avec la musique (reconnaissance de rythmes, aisance à jouer d’un instrument, sensibilité aux sons/bruits, mémorisation de mélodies, …).

L’intelligence intrapersonnelle :

représente les capacités de connaissance de soi. Les personnes qui ont une intelligence intrapersonnelle développée aiment en apprendre sur eux-mêmes, se remettre en question, passer des moments seuls, …

L’intelligence interpersonnelle :

représente les capacités « sociales », à interagir avec les autres. Ceux qui ont une intelligence interpersonnelle développée aiment pratiquer des activités en équipe, aider les autres. Ils sont plus empathiques, devinent plus facilement les sentiments des autres, …

L’intelligence linguistique :

représente les compétences verbales, la capacité à utiliser adéquatement le langage, la sensibilité aux mots. Elle se subdivise en quatre sous-domaines : Parler, écrire, lire et écouter.

L’intelligence visuo-spatiale :

représente la capacité à se créer des images mentales précises et complexes, à s’orienter dans l’espace, …

L’intelligence logico-mathématique :

représente les capacités de raisonnement logique, de calcul et de résolution de problèmes, …

L’intelligence naturaliste :

représente la sensibilité à la nature et aux êtres vivants. Ceux qui ont une intelligence naturaliste développée aiment pratiquer des activités à l’extérieur, interagir avec les animaux, peuvent reconnaitre différentes formes de végétaux, …

Vous avez constaté, j’en suis sûre, que j’ai utilisé une couleur différente pour chaque intelligence. Ce sont les couleurs qui ont été choisies par Françoise Roemers-Poumay, ancienne institutrice belge, qui a créé les Octofun. Sa « pédagogie des Octofun » repose sur trois piliers :

  • Intelligences multiples
  • Gestion mentale
  • Psychologie positive

Je vous invite d’ailleurs à consulter son site internet pour en savoir plus et piocher quelques outils pratiques :

De plus, en tant que parent ou enseignant, vous trouverez des tas d’idées très sympas en tapant « octofun » sur Pinterest !

A quoi peuvent me servir les intelligences multiples ?

Tout d’abord, cette « théorie » envisage que nous puissions évoluer et développer nos intelligences tout le long de notre vie. Bien entendu, il reste toujours une part de « génétique » sur laquelle nous n’avons pas vraiment de pouvoir mais nos intelligences ne sont pas complètement « figées ». Et ça, c’est plutôt sympa de le savoir, non ?

Ensuite, cette théorie peut être utile pour apprendre à nous connaitre et nous servir ensuite efficacement de nos forces. En effet, un des premiers objectifs des intelligences multiples était de faciliter les apprentissages de TOUS les élèves à l’école. De plus, certains thérapeutes (neuropsychologues, logopèdes, psychomotriciens, …) les utilisent dans leurs séances pour proposer des outils concrets en méthode de travail ainsi que pour développer l’estime de soi de leurs patients.

Marie Baccus et Laura Bertleff, pour Learning Brain